La mission benchmarking Cameroun-Colombie a continué son cours ce jour avec une huitième communication présentée par Mme Marie Thierry EDJOA : Directeur du Patrimoine Culturel. Cet exposé était centré sur le thème : Outils numériques, bases de données et intéropérabilité. De ce moment d’échanges, on a pû retenir que le combat du trafic illicite ne se fait plus uniquement avec des ressources physiques et matérielles mais également avec le numérique. Le numérique est devenu aujourd’hui la meilleure arme de traçabilité et de preuve. Le Cameroun fait le choix d’une transition numérique du patrimoine. Cette stratégie numérique est structurée en trois axes notamment :
Numériser : créer la carte d’identité de chaque bien (avant de protéger il faut connaître)
Ici nous avons la numérisation massive de 3 collections :
- Fiche signalétique 3D : photo HD, Scan 3D, dimensions numériques, matériaux, état de conservation.
- contexte culturel : pour déterminer à quelle communauté appartient l’objet, son usage et ses gardiens.
- géolocalisation : musées, chefferies ou site archéologique.
centraliser: la base de données nationales du patrimoine (numériser sans centraliser c’est éparpiller)
Le Minac envisage se développer une base de données nationales centralisée avec 3 fonctions clés :
- inventaire : recenser 100% du patrimoine mobilier public et privé classé
- certification : delivrer le certificat d’exportation obligatoire
- alerte : signaler automatiquement tout objet recherché/volé/disparu
A terme, cette base de données sécurisée et gérée par l’Etat devient « la banque des preuves » du Cameroun. Quand nous réclamons un objet à l’étranger, nous joignons sa fiche issue de cette base.
Intropérabilité : connecter le Cameroun au monde (une base nationale seule ne suffit pas)
- Interpol Psyche : pour que dès qu’un objet est saisi en étranger, nous soyons alerté en temps réel
- la base UNESCO : pour publier nos listes rouges et nos avis de recherche
- plateformes de musées étrangers : pour croiser nos inventaires avec les autres collections
- la liste rouge de l’ICOM (le Conseil internationale des musées)
En somme, le numérique ne remplace pas l’humain mais le protège. Avec les outils de numérisation, le Cameroun se dote des moyens du 21e siècle pour protéger sa mémoire.






